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Quintettes pour clarinette

Raphaël Sévère, Quatuor Prazák

Apaisées ou chahutées, les noces de la clarinette et des cordes, célébrées par des interprètes qui ignorent le conflit de générations.
L’espace d’une génération sépare les protagonistes de ce disque : les deux quintettes, d’abord, composés respectivement en 1891 et 1923, mais aussi les interprètes d’hier et ceux d’aujourd’hui. Ce mélange de maturité et de jeunesse ne crée pas de conflit, au contraire, il infuse, régénère, stimule l’imagination de ceux qu’il pourrait opposer. Prenons le Quintette pour clarinette et cordes en si mineur, op. 115 : Johannes Brahms (1833-1897) voit approcher ses 60 ans et ne sent plus l’envie ni la nécessité de composer. Le voilà qui rencontre Richard Mühlfeld, clarinettiste trentenaire, qui lui fait découvrir les étonnantes possibilités de l’instrument. Dans un sursaut d’enthousiasme, Brahms écrit une série de pièces de musique de chambre pour la clarinette, commençant par un trio et ce quintette, dont Richard Mühlfeld sera le dédicataire et, en compagnie du Quatuor Joachim, le premier interprète. L’atmosphère y est nocturne et apaisée, et si le premier mouvement, très mélodique et tout en retenue, dégage une intense mélancolie, la conversation musicale entre les cordes et l’instrument soliste se veut moins sentimentale qu’élégante, avec des réminiscences toutes mozartiennes. OEuvre de jeunesse écrite au lendemain de la Première Guerre mondiale, révisée en 1954 (la version enregistrée ici), le Quintette pour clarinette et cordes de Paul Hindemith (1895-1963) s’inscrit en rupture avec la douceur du quintette brahmsien. Son introduction sonne même comme un manifeste, que l’on retrouvera en miroir dans la conclusion. Là encore, et malgré les références ironiques dont la pièce est parsemée (notamment à la musique militaire), c’est dans une tradition profondément classique que s’enracinent les cinq mouvements de cette oeuvre aussi concise que précisément construite.
Cette alliance des passions et des intentions, on la retrouve dans l’interprétation. Clarinettiste virtuose, Raphaël Sévère (21 ans) est l’un des représentants les plus doués d’une nouvelle et brillante génération de musiciens français. On lui doit un premier disque Brahms très réussi, enregistré avec Adam Laloum et Victor Julien-Laferrière. Comme chez Hindemith, l’accord se fait d’emblée entre le jeune soliste et les chambristes du Quatuor Prazák, et le raffinement du phrasé, la profondeur du son de la clarinette s’assortissent naturellement avec la texture soyeuse des cordes. — Sophie Bourdais

| 1 CD Mirare.



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